Le destin (presque) timbré d’Étienne Durillon

ROMAN - Dès 9 ans

de Oren GINZBURG, illustré par Estelle BILLON SPAGNOL

Éditions Grasset Jeunesse - Collection (Lecteurs en herbe) - 15 €

 

Le simple fait de croire qu’il est possible d’échapper à son existence étriquée brise, un lundi matin, le carcan des habitudes d’Etienne, un comptable anonyme, solitaire et passif. Depuis qu’il a glissé dans la boîte aux lettres une réponse positive à une SARL soit disant capable de transformer la vie de ses clients, il guette l’insolite, la nouveauté qu’apporteront à son quotidien des « agents » discrets. Il ne sera pas déçu car une folle journée s’annonce, à la fin de laquelle il sera métamorphosé en son contraire. Après s’être bien amusé (et le lecteur aussi).

 

Il suffit de rater le bus, c’est tout de suite l’aventure…

 

Comme dans une chaîne de mots, les péripéties s’emboitent rapidement avec une logique saugrenue : clochard-argent-gentillesse-estourbi-bistouri-rixe…Le rythme paraît d’autant plus échevelé que le premier chapitre était volontairement à l’image du héros : morne et plat, régime œuf à tous les repas.

Les ingrédients habituels d’un film d’action se succèdent en un tourbillon de descriptions loufoques suivies de dessins à l’avenant. Pour être drôle (et renforcer la fiction), fini les tabous ou a priori. Les grand-mères chevauchent des motos et se tatouent ; les contraires s’unissent.

 

Le texte fait la part belle au double sens des conversations car les protagonistes vivent deux réalités différentes. Etienne croit à une mise en scène à la suite de sa lettre. Il accepte donc toutes les situations avec candeur pour jouer le jeu, ce qui donne lieu à d’innombrables quiproquos et réjouit le lecteur qui a compris que les autres vivent normalement (si l’on peut dire !) Humour aussi dans « j’ai sauvé sa fille de la noyade… en plein désert) et ainsi de suite.

 

Rocambolesque à souhait, cette histoire est aussi une leçon déguisée de savoir VIVRE. Son déroulement, sous des dehors simples, est élaboré. Il s’agit de libérer progressivement le personnage : physiquement, sentimentalement, moralement, socialement.

 

Etienne Durillon découvre ses capacités inouïes de coureur puis le plaisir de foncer en moto et de rouler en décapotable. Son corps redécouvert apprend à musarder mais aussi à se défendre. Quand le jeune homme timide se contentait d’un regard furtif et secret vers Vanessa, il n’avait aucune chance. L’encouragement d’amis le mène à l’aveu et au bonheur.

 

Il trouve alors des réserves ignorées de courage, de dévouement à autrui et la volonté de refuser d’être l’otage d’une migraine qui anéantirait ses efforts. Il est acteur de sa vie.

 

A partir du moment où il a fait attention aux autres, les amis affluent, la solitude est rompue. Un bon livre réjouissant !

 

A recommander à partir de 9 ans

 

Rappel du titre:

Le destin (presque) timbré d’Étienne Durillon

de Oren GINZBURG, illustré par Estelle BILLON SPAGNOL

Éditions Grasset Jeunesse - Collection (Lecteurs en herbe) - 15 €

 

 

 

 

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